Dossier de presse
Le Building de la Bourse
Un immeuble Art Déco au cœur de la ville
A deux pas du Palais de la Bourse de Marseille, à l’angle des rues actuelles du Beausset et de la Reine Elizabeth, se dresse un immeuble discret, avec une façade épurée Art Déco, mais dont l’origine et la fonctionnalité évoquent quelques belles pages de l’histoire économique de Marseille, sans oublier son patrimoine architectural.

plan en 2005
En effet, construit en 1928-1930 par l’architecte niçois Léonard Varthaliti, également propriétaire du lieu, le
Building de la Bourse venait répondre aux besoins des courtiers en bourse de l’époque. Dans le contexte économique et industriel marseillais en pleine expansion de la fin du XIXème siècle, la Corbeille de la Bourse affichait effervescence et dynamisme (*). Léonard Varthaliti eut l’idée d’ériger là de petits bureaux individuels avec des services communs.
(*) Pour les amateurs de scripophilie :
http://scripophilie.marseil.free.fr

Le quartier avant la construction du Building de la Bourse mais déjà avec la Brasserie des Templiers qui change, par deux fois, d’emplacement

Né à Constantinople d’une famille d’origine grecque, Léonard Varthaliti a été l’élève de Léon Gurek à l’Ecole royale des Beaux-Arts de Rome.
La première partie de sa carrière se déroule dans sa ville natale. Après la Première Guerre mondiale, il participe, auprès de la mission française, à l'établissement des nouveaux plans d'urbanisme de Constantinople. Puis, il s’installa à Nice où il réalisa, entre autres, Les Pins Parasols et l'Escurial, le Grand Palais et le Palais Doré (1926) à Juan-les-Pins, la villa Goelo et le monument à Léopold II à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Le travail de Léonard Varthaliti est particulièrement caractéristique du style Art Déco, influencé par les Etats-Unis et notamment l'Ecole de Chicago.
Le nom de Building qu’il donna d’ailleurs à l’immeuble marseillais est un clin d’oeil aux géants américains et à l’idée de modernisme des années 20-30.
Tout dans le traitement architectural du Building de la Bourse affirme son opposition à ses « voisins haussmanniens » et sa priorité au fonctionnalisme.
Sa façade extérieure est scandée légèrement par quelques décrochages mais présente surtout des enfilades de fenêtres soulignant la verticalité de l’immeuble : sept étages surmontés d’une terrasse qui n’est pas sans rappeler les toits terrasses émergents à cette époque. De là, une magnifique vue sur le Vieux-Port s’offre à nous.

L’extérieur se voulait dépouillé. Les motifs Art Déco sont discrètement présents : triangles et losanges, frise de demi-colonnes ou encore sur la porte, aujourd’hui ôtée mais conservée en l’état.
A l’intérieur, sept bureaux par étages.
On notera les pierres apparentes et les parquets dans les bureaux, le marbre de carrare dans les couloirs.
Au rez-de-chaussée,
la Brasserie des Templiers est également un lieu chargé d’histoire. L’appellation de l’établissement date de 1926 mais depuis 1895, on y dégustait des liqueurs orientales.
Ce nom vient du fait qu’on y avait installé la première colonne de bières. Il célèbre également la présence d’une commanderie au XIIème siècle, attenante à l’église Saint-Ferréol-Les-Augustins, d’où les Chevaliers Templiers embarquaient pour les Croisades.
Lors de sa réinstallation en rez-de-chaussée du Building de la Bourse, en 1928, la Brasserie des Templiers s’est enrichie de boiseries intérieures rappelant la frise extérieure de demi-colonnes.

La Brasserie des Templiers en rez-de-chaussée du Building de la Bourse, avec sa terrasse couverte aujourd’hui disparue
En 1962, l’immeuble est racheté par Fernand Savoye qui l’adapte alors aux besoins d’un centre d’affaires, comme nous l’entendons aujourd’hui, et l’ouvre à différentes professions.
Il faut savoir que le 1er centre d’affaires marseillais venait tout juste d’ouvrir ses portes, en 1958, sur la Canebière.
Il fit exécuter dans le hall d’accueil une peinture, inspirée des affiches des années 30, par un artiste marseillais, Jean-Claude Vespignani, et son fils, Olivier.
En 2001, sensible au caractère historique et esthétique de l’immeuble, comme à sa nature spécifique, la SCI MDI, gérée par Philippe Bonifay, le rachète et le met aux normes actuelles des centres d’affaires de sécurité et de confort avec, entre autres, le développement du réseau informatique et de la fibre optique, l’installation d’une pompe à chaleur, d’un standard téléphonique de 150 positions…
Les bureaux nécessitaient également la rénovation des peintures, des fenêtres et du parquet.
Désormais appelé
Euroburos, tout en conservant l’intitulé Building de la Bourse gravé dans la façade, ce centre d’affaires comporte 45 bureaux modulables, de 15 à 20 m2 chacun, 3 salles de conférences et 1 terrasse, pour une surface totale de 1000 m2.
Domiciliation, permanence téléphonique, location de salle, organisation de réception … : en accueillant des créateurs d’entreprises, des professions libérales comme des PME nationales en quête d’un bureau régional, Euroburos a su rester un des rares établissements indépendants où il règne une convivialité proche du caractère familial.
Un état d’esprit qui se répercute également dans le coût des services proposés, 50% moins chers et sans surtaxes, par rapport aux prix affichés des centres d’affaires nationaux. Cinq personnes à temps plein sont là pour servir l’ensemble des locataires.
La Brasserie des Templiers, dirigée depuis avril 2000 par Gérard Fabre, est toujours présente avec ses peintures, ses boiseries, sa colonne de bières et une carte du midi d’un bon rapport qualité/prix.